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[Le mécénat] selon l’Admical : une réalité de plus en plus vivante en France

Rencontre avec Anne-Gaële Duriez, adjointe au Délégué général d’Admical.


Qui est l’Admical ?

Admical est le "carrefour du mécénat d’entreprise " c’est en effet l’organisme de référence du mécénat d’entreprise en France. Admical fut d’ailleurs le pionnier de cette démarche en France, créé en 1979 par trois étudiants d’Ecole de commerce qui, revenus des Etats-Unis, ont voulu développer cette pratique dans leur propre pays. Ainsi, depuis 1979 , Admical est un organisme indépendant reconnu d’utilité publique. L’association a constitué autour d’elle un club d’entreprises mécènes composé de 110 entreprises et 40 institutions qui lui donne, par conséquent, une représentativité et une légitimité certaine.

Admical s’est confié la mission ambitieuse de favoriser le développement du mécénat d’entreprise. Trois objectifs structurent leur action :
- "représenter les entreprises mécènes", auprès des pouvoirs publics, en région, à l’étranger grâce à un réseau dense d’acteurs ;
- "créer un réseau d’échanges et d’expériences" en donnant aux différents acteurs du mécénat (entreprises, porteurs de projets, étudiants, journalistes…) l’occasion de se rencontrer et d’échanger leurs idées ;
- "informer et former les acteurs du mécénat" en mettant à la disposition du public le plus large des informations sur le mécénat, son rôle, ses acteurs, ses règles juridiques et fiscales.

Toutes ces informations sont ainsi disponibles sur le site internet de l’association Mais aussi au centre de documentation d’Admical, en contactant l’association (16, rue Girardon- 75018 Paris Tel : 0142552001 contact@admical.org)

Mécénat culturel et art contemporain.

Les années 90 ont consacré l’idée que le mécénat est une pratique normale, du moins en ce qui concerne les grandes entreprises, considérée comme un outil subtil de communication et même un outil stratégique dans certains cas. Le mécénat d’entreprises n’a jamais été considéré par ses défenseurs comme une action de pure philanthropie, mais comme une action s’inscrivant dans le cadre plus général de la politique de communication de l’entreprise. Cette action vise cependant à servir l’intérêt général et ne valorise en aucun cas les produits de l’entreprise. Le mécénat se distingue ainsi clairement de la publicité. Il est pourtant très difficile d’évaluer l’impact de ce type de promotion d’image. Et toute évaluation est très discutable du point de vue de sa fiabilité. On peut néanmoins, en se fondant sur des exemples précis, affirmer l’efficacité de certaines politiques de mécénat. Ainsi, comme le souligne Anne Gaëlle Duriez, le mécénat a permis d’humaniser l’image de certaines banques ou de dynamiser l’image d’une entreprise telle que la Caisse des Dépôts et Consignations. Les politiques de mécénat des entreprises cherchent à travers leur action à toucher certaines cibles bien choisies ou à mener une action liée à la symbolique de l’entreprise (par exemple, la Fondation Electra et les artistes qui travaillent avec la lumière).

Au sein du mécénat culturel, on peut remarquer que le domaine arts plastiques/musées a la part belle puisque les actions liées aux arts plastiques représentent 21% des actions de mécénat (auxquelles on peut ajouter 6% d’actions consacrées à la photographie). Parmi ces actions, l’art contemporain a l’avantage d’offrir aux entreprises une variété d’interventions possibles : soutien aux artistes, commandes d’œuvres, achats d’œuvres, remise de prix, collection. Pourtant, la constitution d’une collection présente certaines difficultés. Une collection peut être critiquée comme étant une dépense somptuaire ne répondant pas à l’exigence de servir l’intérêt général. Elle impose aussi des contraintes non négligeables aux entrepreneurs, en particulier celle d’exposer les œuvres achetées, mais aussi de les entretenir. Mais la visibilité d’une collection, comme celle constituée par Cartier ou par François Pinault, apporte un prestige incontestable à l’entreprise. En outre la constitution d’une collection est un engagement en faveur de l’art contemporain qui s’inscrit dans la durée. C’est pourquoi Admical tente de mettre en évidence la qualité de cette démarche de mécénat.

L’art contemporain a donné naissance à une politique de mécénat audacieuse de la part de certaines entreprises : Ricard S.A., Cartier, la Caisse des Dépôts et Consignations ou Altadis sont autant d’exemples d’entreprises qui ont choisi de mener une action spécialement tournée vers le soutien à la jeune création par l’achat d’œuvres, l’octroi de bourses ou la réalisation d’expositions. Si les motivations sont différentes, le mécénat pour l’art contemporain peut en effet relever d’une passion personnelle ou d’une réflexion plus stratégique, l’action menée apparaît comme très engagée et de plus en plus professionnalisée. L’exemple de la Fondation Cartier pour l’art contemporain l’illustre parfaitement, au point de considérer cette fondation au même titre que les plus prestigieuses institutions publiques travaillant pour la création contemporaine.

Deux tendances se dégagent dans l’évolution du mécénat. D’une part, on assiste à une professionnalisation du mécénat, de la part des mécènes, mais également de la part des institutions culturelles publiques qui s’arment de plus en plus d’une personne chargée des relations avec les entreprises mécènes dont le financement représente désormais une alternative essentielle. D’autre part, on voit émerger un mécénat de proximité, local et régional, qui est le fait de petites entreprises. L’initiative de ces dernières est souvent saluée tout comme l’investissement de leurs salariés. Ce mécénat, s’il n’a pas l’ampleur financière du premier, apporte un soutien vital pour certaines activités culturelles locales et se trouve être une dynamique formidable pour les régions et les villes. On peut citer l’exemple de la Cave vinicole de Ribeauvillé qui s’est engagée depuis 1995 dans des opérations de mécénat culturel en favorisant l’accès aux non-voyants et mal-voyants, à l’art, la nature et la culture. La société marseillaise Vacances Bleues est un autre exemple de ce type d’action locale puisqu’elle a choisi de créer une collection d’oeuvres de jeunes artistes de la région et les expose dans ses locaux.

Il faut cependant noter que l’inadéquation entre offre et demande persiste, que le nombre de projets en demande de financement augmente plus vite que le nombre d’actions de mécénat des entreprises. La nouvelle réforme qu’engage le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin en complet accord avec le ministre de la Culture, Jean-Jacques Aillagon, et avec le soutien d’Admical, vise à encourager cet engagement des entreprises dans la vie culturelle, engagement qui souligne la volonté du secteur privé d’assumer une certaine responsabilité sociale. La réforme va en particulier rendre le mécénat plus intéressant que le parrainage grâce à de conséquentes réductions d’impôts, signe que l’Etat ne se désengage pas du secteur culturel mais qu’il oriente différemment son action, en offrant aux entreprises la possibilité d’agir pour la culture.

Ces lois et réformes qui cherchent à relancer le mécénat en France.

- Rappel : la loi du 23 juillet 1987 sur le "développement du mécénat" constitue le cadre général juridique et fiscal du mécénat, à laquelle s’ajoutent la loi du 4 juillet 1990 sur la création des fondations d’entreprise, et celle du 24 juin 1996 qui améliore le cadre précédent en matière de plafonds de déduction et d’étalement de ces déductions ;
- L’instruction fiscale du 26 avril 2000 a permis de préciser la différence entre mécénat et parrainage ;
- Loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France et décret du 4 juillet 2002 améliorent, d’une part, le régime des fondations d’entreprise, et d’autre part, encouragent l’acquisition d’œuvres d’art (artistes vivants et Trésors Nationaux) ;

Ce cadre juridique et fiscal essentiel pour la compréhension du mécénat est librement consultable sur le site de d’Admical

- Le projet de relance du mécénat du gouvernement est présenté sous forme de fiches techniques très claires et consultables librement ici (il est également en lien sur le site d’Admical)

par Vanessa Desclaux
Article mis en ligne le 31 janvier 2004

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