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Vincent Szarek

Exposition à la galerie Almine Rech à Paris jusqu’au 20 décembre 2003

L’œuvre de Vincent Szarek réconciliera peut-être certains détracteurs de l’art contemporain avec la jeune création. Il est même inutile de rentrer à l’intérieur de la galerie tant l’extérieur nous frappe par la capacité de cet artiste à nous séduire, à emmener notre regard, à éveiller notre désir. Nous avons tous ça en nous, le goût pour ce qui a l’apparence du luxe, l’attrait inévitable pour les surfaces bien polies, brillantes, réfléchissant notre propre image.


Évitons le parallèle avec Narcisse, il s’impose de lui-même et manque sincèrement d’originalité, alors que nous parlons d’un artiste qui n’en manque pas. Les sculptures de Vincent Szarek sont des objets de fantasme. Solides, stables, aux courbes généreuses, à l’aspect doux et terriblement lisse. Ces objets n’ont aucune utilité matérielle, ils sont superficiels, autant que notre envie de les posséder. Ces sculptures, lustrées, chromées, aux couleurs chatoyantes, presque aveuglantes, sont l’essence de notre désir de consommer, de posséder, de paraître, de montrer. Essence de bolide : peinture métallisée, forme aérodynamique, infinie sensualité.

Ces fascinants objets s’apparentent à des miroirs : la glisse, la vitesse, le confort et le luxe y sont évoqués comme autant de facettes qui sont le reflet d’une génération insouciante. Contrairement à une autre artiste dont une partie du travail est très proche de celui de Vincent Szarek, ce dernier ne semble pas vouloir ajouter d’ironie à la rutilante beauté de ses sculptures. Ce n’est en effet pas le cas des Car Nuggets de Patricia Piccinini qui même s’ils évoquent le fantasme de la voiture de sport, la griserie de la vitesse, l’envie de posséder, montrent une distanciation et laisse un espace critique. Patricia Piccinini est certainement fascinée par l’attraction incontestée des hommes (entendez ce mot au sens générique) vers les voitures, produits phares de la société de consommation incarnant les nouvelles valeurs de cette société : technologie, vitesse, puissance mais aussi confort, liberté, indépendance. Comme les sculptures de Szarek, celles de Piccinini ne ressemblent pas à des voitures, ni même à des morceaux de voitures, mais elles cherchent à en saisir l’essence, la nature profonde.

Ces sculptures, celles de Szarek, visibles jusqu’à samedi à la célèbre galerie Almine Rech, ou celles de Piccinini, nous renvoient à notre désir, notre fantasme, notre individualité. À travers ces objets qui ne représentent rien de précis, c’est à notre propre image que l’on est renvoyé (Narcisse, on y revient). Ce qui est donné à voir, de façon critique ou non, chacun en jugera par lui-même, c’est la superficialité comme trait d’une génération d’enfants gâtés, la séduction par l’apparence, la consommation systématique, détachée de la notion de besoin.

"Miroir, mon beau miroir..." Après Vincent Szarek, un passage à la galerie Kreo est conseillé (c’est à deux pas) où une exposition sur les miroirs prolongera ce délicieux moment de délectation de soi !

par Vanessa Desclaux
Article mis en ligne le 16 décembre 2003

Légende des photos, de haut en bas, logo exclu :
- première image : Burger Squish
- deuxième image : Car Nuggets
- troisième image : Panel Work

Informations pratiques :
- artiste : Vincent Szarek
- date : jusqu’au 20 décembre 2003
- lieu : Galerie Almine Rech, rue du Chevaleret, rue Louise Weiss, rue Duchefdelaville 75013 PARIS

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